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fiches de lectures par ci et photos par là, quotidien de ci de là

21 novembre 2009

Tu n'es pas un enfant!!!

nelly
Une rencontre un samedi matin dans une rue piétonne. Dans les bras de la maman, une petite fille de deux ou trois ans. Un bébé-fille de 18 mois dans la poussette et un papa zen qui se tient derrière. On se bise même si on ne se connaît pas vraiment, on discutaille, on sourit aux enfants. Bla, bla, bla...

La maman pose la petite fille. Nous on est grands, on continue de discuter. Dans un monde idéal, la petite fille aurait attrapé la main de son papa ou de sa maman sans broncher. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. La petite fille pleurniche tout d'abord. Nous, les grands, on a rien remarqué, on continue de parler, bla, bla, bla...

Puis d'un seul coup, la gamine se met à hurler, très fort, au point de faire sursauter une dame qui passe à côté de nous. La maman, agacée, tente de la calmer, en rassemblant tout son pouvoir de persuasion. Mais la gamine, tout ce qu'elle veut, c'est grimper dans les bras de sa mère. Finalement, la maman explose: "Arrête ça tout de suite: Tu n'es pas un enfant!!!" Elle se sent bête tout de suite mais nous sourions de connivence, on sait ce que sait qu'être harcelés en permanence par les petiots à n'importe quel moment! "Enfin, se reprend-elle, si tu es un enfant, tu n'es plus un bébé, c'est ce que je voulais dire!" Bien sûr. C'est la fatigue qui nous embrume le cerveau et nous fait dire des énormités. Elle est sympa cette fille.

On se quitte déjà et on se dit que ce serait chouette de se revoir, d'approfondir notre relation. Ok, c'est super, je sens qu'on va devenir copines!

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18 novembre 2009

La 7ème marche

7_me_marcheIl y en a toujours une dans un escaliers, une marche qui vous trahit, une marche qui craque et qui annonce le visiteur ou qui sonne le fugueur!
Dès que quelqu'un y pose le pied, vous détectez la présence de quelqu'un dans l'escalier. La 7ème marche est une infidèle, elle ne garde rien pour elle. Elle vous montre du doigt, c'est une dénonciatrice. Dans le noir, on a beau se concentrer et poser tout doucement le pied, elle craque à déchirer la nuit! Pourtant, vous aviez pris vos précautions, toutes les autres sont silencieuses et elle, elle vous lâche un cri de sirène!
La 7ème marche est perfide, vous décidez de poser le pied sur le côté, ça marche. Vous pouvez aussi décider de la sauter et ça marche. La 7ème marche est une épine dans les fesses, elle sera toujours là à vous narguer, pas une seule fois elle ne vous laisse de répit, c'est une sournoise!
Pourtant la 7ème marche sera peut-être un bon allié un jour, avertissant du va-et-vient dans l'escalier. La 7ème marche est et restera la 7ème marche!

Et chez vous, il y a des pièges aussi?

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17 novembre 2009

n¨4

Previously: n°1, n°2, n°3

Je me fais des idées, c'est l'angoisse qui parle, pas moi. François est juste parti vérifier que tout va bien avec la vache et il va revenir dans un instant pour que nous partions pour la clinique. Il faudrait qu'il arrive maintenant quand même... Les contractions sont rapprochées à présent. Ah, un bruit dehors, ce doit être François qui arrive. Oui, il est là.
"Le veau... ça va dit-il en repoussant la porte d'entrée. Je suis crevé et je dois encore m'occuper de ceux qui sont à l'étable."

François est agriculteur. Il travaille depuis toujours et la ferme est à la fois sa maison et son travail. Evidemment, il est le seul à avoir cette vision des choses.
Cela fait deux ans qu'ils sont mariés et il faut bien avouer que la vie d'un fermier n'est pas toujours simple, ni pour lui-même, ni pour l'entourage d'ailleurs. En effet, les dimanches sont identiques aux autres jours de la semaine, les horaires sont complètement décalés et il n'est pas rare que sa journée se finisse vers dix heures du soir. La nuit n'est pas toujours aussi tranquille: on n'est pas à l'abri d'un pépin avec une vache et les fêtes ne sont pas complètement vécues comme telles car l'amour d'un bovin pour son maître est quotidien.
Bref, une fois mariés, le bébé a mis du temps à pointer le bout de son nez. Christine ne comprenait pas pourquoi elle ne tombait pas enceinte. D'un autre côté, la perspective d'avoir un enfant était... disons, angoissante. A quel moment lui donnerait-elle du temps? Et François? Quand il rentre, c'est pour manger et dormir. A la rigueur, il ferait un gouzi gouzi entre deux tasses de café mais pour le reste... Et la nuit? Un bébé, ça se réveille la nuit, non? Combien de temps? Toutes ces interrogations, Christine les avait eues aux cours de ces deux ans et n'y avait pas trouvé de réponses. Quand le mois suivant, elle découvrait avec déception que "l'affaire" n'était pas encore engagée, elle était aussi soulagée de remettre ça pour le mois suivant. Ses sentiments étaient bizarrement entremêlés. D'un côté, elle voulait donner naissance à un enfant - car c'est le but du mariage et c'est la vie, non? - mais tout à la fois, elle ne savait pas comment elle gèrerait seule un enfant, car elle ne pourait pas compter sur François, elle en était certaine. Ce qu'elle ne savait pas en revanche, c'est la fatigue qu'une grossesse occasionne. Dès les premiers jours, avant même qu'elle ne découvre la bonne nouvelle, Christine s'était traînée péniblement de la chaise de la cuisine au lit de la chambre, de la chaise de sa cuisine, à la chaise de son bureau. Quelques jours plus tard, un petit soupçon s'était forgé. Une prise de sang avait alors confirmé la chose: elle était enceinte.
François n'avait pas compris tout de suite. Il n'avait d'ailleurs pas remarqué la pâleur inhabituelle de sa femme, ni sa fatigue. Quant au reste, ça lui était passé bien au-dessus de la tête. Il avait fallu qu'elle emploie les vrais mots car les allusions du style "avec un gros ventre, je ne pourrais peut-être plus t'aider à traire les vaches" n'avaient pas fait mouche, pas plus que "j'ai besoin de sommeil car il se peut que nous soyons réveillés la nuit dans quelques temps." Christine était sûre que son homme comprendrait, mais que nenni, il avait fallu dire les choses, vraiment.
Donc, un soir, en allant se coucher, Christine avait dit:
"François?
- Mmmmh.
- François, il faut que je te dise quelque chose.
- Tu t'es encore disputée avec ta collègue? Comment elle s'appelle déja?
- Non François, j'ai une nouvelle à t'annoncer." Les larmes lui étaient montées aux yeux et elle avait pensé qu'il avait saisi. Elle s'attendait à ce qu'il la prenne dans ses bras mais il l'a regardait d'un air à peine interrogateur, attendant la suite. D'abord, était-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle?
"Tu as compris?
-Non dit-il penaud. Je devrais? Euh... Bonne au moins la nouvelle?
- Oh François, tu es exaspérant! Tu ne comprends donc pas?! Tu vas être papa! Je suis enceinte!
- Ah?... Bon... et bé, c'est bien.
- "C'est bien"?  C'est tout ce que tu trouves à dire?? Mais enfin...
- Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise? Oui c'est bien. C'est ce que tu voulais non?
- Et pas toi? Christine était furieuse à présent Elle sentait que ses joues devenaient rouges de colère. Elle hurlait presque.
- Mais si, mais c'est quand même des trucs de bonnes femmes! Mon père, il dit que..."
Elle ne lui laissa aucune chance de terminer sa phrase et explosa:
" Ca fait deux ans que j'entends ça: "mon père par-ci, mon père par-là!" C'est avec moi que tu vis je te signale, pas avec ton père!
- Ne dis pas ça! Sans lui, on aurait pas tout ce qu'on a..."
François avait du mal à se défendre et à dire ce qu'il voulait exprimer vraiment tellement Christine était furibarde. De plus, il ne comprenait pas vraiement cette colère si soudaine. Qu'avait-il dit qui ait bien pu la froisser? Alors là, les femmes sont parfois surprenantes!

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16 novembre 2009

J'ai la flemme...

gym

Bon soyons clair, j'ai des mollesses de ci de là et des imperfections pas encore indélébiles ici et ici. Soyons clair, je ne fais pas du tout ce qu'il faut pour gommer ma silhouette et pour la tonifier. Voilà c'est ça, il faut que je tonifie! Ca a fait tilt (!) l'autre matin quand je me maquillais dans la salle de bain, nue devant ma glace. Ma petite miette est entrée pour se laver les dents. Nonchalamment, elle frotte et tout aussi nonchalamment elle m'informe (oui elle m'informe car moi l'adulte, je ne peux pas savoir ce genre de choses): "Tu sais maman, il y a des femmes, elles ont les seins qui pendent!" Ouf, elle ne peut pas parler de moi, ce n'est pas mon cas, je me sens soudain très belle et quasi-parfaite dans les yeux de ma fille, rien ne peut me pourrir mon autosatisfaction. Nonchalamment donc, je réponds: "Oui mais ce n'est pas mon cas..." avec un petit sourire et une pointe d'égo, vous suivez, je suis dans l'autosatisfaction. "C'est vrai ça, tes seins ils pendent pas!" Ma fille est un amour, elle aime sa mère, elle est dans la béatitude totale.

Je maquille mes yeux, elle se brosse les dents.

Puis, elle reprend en me tâtant soudainement le ventre: "Non toi, t'as pas les seins qui pendent mais tu as des grosseurs au ventre!" Blanc... Crayon des yeux qui dérape...Puis elle reprend avec son petit sourire: "Mais c'est normal, c'est parce que tu as eu trois enfants!" Allez pan! Prends ça dans les dents!
La mioche de 6 ans et 1/2 qui me passe au rayon laser. Forcément, elle, elle a la ligne, y a rien qui dépasse. J'aurais pu être mesquine et lui dire qu'à son âge j'étais comme elle et que donc qu'elle se méfie... Non, non, non, dignité absolue de la mère qui prend sur elle mais qui se met à cogiter dur. Il est peut-être temps d'arrêter de se laisser aller et de reprendre le sport. Il faut que je ressorte mon stepper qui était un de mes compagnons fidèle avant le quignon. Je dois reconnaître que je l'ai boudé depuis. Je l'ignore, je ne le regarde même plus, je l'avais même oublié.
Allez, c'est décidé, demain, je m'y remets!

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14 novembre 2009

Soudain, on vous offre des fleurs!

roses
Il pleut dehors. D'ailleurs, ce matin-là, quand vous vous êtes réveillée avec le bruit des gouttes qui tombaient allègrement sur le toit, vous avez savouré cet instant calme et paisible. Une lumière grise s'était déjà invitée dans la chambre. Vous vous étirez, bien au chaud sous la couette en plumes. Il est 8h18. La journée commence, c'est samedi. Tout doucement, vous vous asseyez et vous mettez votre corps en route. Tout doucement, vous enfilez un pyjama et tout doucement, vous vous levez. Vous passez rapidement par les toilettes et, l'oreille tendue, vous tentez de discerner les bruits de la maison: D'après ce que vous entendez, les miettes dorment mais le quignon est déjà debout. Et puis, vous descendez l'escalier en bois. Vous vous arrêtez au palier pour regarder tomber la pluie dans votre jardin. Vous vous grattez peut-être un peu la tête en baillant. Vous descendez alors jusqu'à la cuisine. Votre homme et votre petit homme sont là, souriants. L'un tète son biberon de lait avidement. L'autre boit du thé en écoutant la radio. Sur la table, un bouquet de roses mouillées vous attend.
C'est samedi, il pleut, vous êtes bien...

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12 novembre 2009

n°3

Previously: n°1n°2

Au fil des minutes qui passent comme des jours entiers, la douleur s'intensifie. Annie ne sait plus comment se tenir. Elle essaie de rouler sur le côté gauche pour calmer les contractions qu'elle ressent dans tout le ventre et dans les reins mais rien n'y fait. Sa respiration s'accélère et les encouragements de l'infirmière ne la calment pas vraiment. Elle fulmine contre la douleur et contre Georges. Elle voudrait être ailleurs, ne plus avoir mal. Bien sûr, elle avait entendu des conversations sur les accouchements mais jamais elle n'aurait pu imaginer qu'elle puisse ressentir ça. A bout de souffle, elle parvient à articuler:
"Je me sens pas bien... Je vais m' évanouir..." Son regard se trouble et les voix s' éloignent. Elle entend un sifflement de plus en plus intense et de la sueur froide sur son front et dans sa nuque la fait frissonner. Et puis soudain, c'est le trou noir...

Pendant ce temps, Pierre et Léontine assistent à l'entrée de deux autres personnes dans la salle d'accouchement. Ils sont vêtus de blanc et déjà masqués. L'inquiétude commence à les envahir mais aucun des deux ne prononce un mot.
Au même moment, Annie subit une anesthésie au masque et le médecin essaie d'aller récupérer le bébé à l'aide des forceps. Il consulte son assistante qui lui confirme que la patiente est stable. Selon le monitoring, le bébé semble aller tout à fait bien , lui aussi. S'aidant des contractions qui commencent à expulser l'enfant du ventre de sa mère, l'accoucheur applique les forceps de chaque côté de la tête qu'il devine, à l'entrée du col de l'utérus. Les positionnant du mieux possible, il tire délicatement sur la tête. Le miracle opère car quelques secondes plus tard, une petite fille hurle à plein poumon! Il est 19 heures 32. Un bracelet rose sans nom est placé au poignet droit du nouveau-né.

Pierre et Léontine entendent crier  l'enfant et se lèvent d'un bond, regardant avidement la porte de la fameuse salle. Une femme en sort presque aussitôt un sourire aux lèvres et leur annonce que c'est une fille. Elle les rassure, tout va bien, on est en train d'examiner l'enfant, de le peser et de le mesurer. La maman va partir en salle de réveil car elle a fait un petit malaise qui lui a valu une anesthésie pour que l'accouchement continue à se dérouler correctement. Ils verront le bébé dans un petit quart d'heure et leur fille dans un peu plus de deux heures. Qu'ils se rassurent, tout va pour le mieux. Il faudrait aussi prévenir le papa... Tiens où est-il au fait?

Ma Lisa, que tu es petite, que tu es mignonne, tu as l'air si fragile. Pierre porte délicatement sa petite-fille sur son bras gauche et lui caresse la joue du bout du doigt. Il est tout retourné et éprouve des sentiments très confus. Une larme vient rouler sur son visage. Un sentiment de fierté l'envahit et tout à la fois, une colère immense lui tord les tripes. Où est ce bougre d'âne de Georges? Pourquoi n'est-il pas le premier à prendre cette petite dans ses bras?
"Où est Georges? Quand je vais le voir, je vais lui casser la gueule!
- Calme-toi  Pierre! Ne parle pas comme ça devant la petite!
- Mais tu te rends compte! Il n'est pas là! Il a laissé ma fille accoucher sans lui! Je vais lui tordre le cou!"
La rage lui déforme les traits et donne une couleur rose vif à son visage.
"Donne-la moi. Là... Viens avec ta mémé, petite puce..."
Pierre laisse Léontine prendre Lisa. Avec délicatesse, elle passe ses deux mains dans le petit dos et soulève le petit corps endormi. Les grands-parents sont furieux mais heureux. Bientôt, ils verront Annie et c'est tout ce qui compte.

Aux alentours de vingt-deux heures, Annie est installée dans sa chambre avec sa fille. Elle la cherche des yeux aussitôt qu'elle passe le pas de sa porte sur son lit roulant. Le brancardier qui la conduit lui a affirmé que sa petite, oui c'est une fille, l'attend patiemment avec ses parents et qu'elle va pouvoir la prendre dans ses bras. Effectivement, à peine a-t-elle franchi le seuil de la chambre qu'elle apperçoit un petit lit transparent avec un bébé endormi. Très émue, elle éclate en sanglots et demande: "C'est mon bébé? Mon dieu qu'elle est jolie! Je veux la tenir, maman, passe-la moi s'il te plaît..." Lisa est posée avec précaution dans les bras de sa maman et Annie pleure de plus en plus. Ses parents assistent avec désarroi, tristesse, joie et bonheur à tout ce capharnaüm d'émotions. Dans le silence de la chambre, l'on entend que les sanglots profonds de la nouvelle maman. Personne ne dit rien, d'ailleurs, personne ne sait quoi dire. La seule pensée qui anime tout le monde est Georges. Finalement, il aura réussi à monopoliser l'attention toute la journée par son absence alors que la vedette en ce 27 janvier est sans aucun doute Lisa.

"Annie, nous allons rentrer. On va prendre un taxi et on reviendra te voir demain matin, d'accord?
- Oui... J'aurais tellement voulu que...
- Je sais ma petite, répond Pierre en déposant un baiser sur le front de sa fille, je sais."

Il est 23 heures 51 quand Annie éteint la lumière douce de son chevet. Lisa est bien endormie dans son petit berceau.

***

"Nous sommes le 27 janvier 1972, il est 19 heures, tout de suite, le journal est présenté par..." Christine ne laisse pas au présentateur d'Inter terminer sa phrase, elle tourne la molette du poste. Depuis maintenant deux bonnes heures, elle essaie de maîtriser les douleurs de son ventre. Seule à la maison, elle attend avec une impatience grandissante le retour de son mari, François. A-t-il compris tout à l'heure quand il est parti soit disant pour deux minutes, que Christine allait peut-être donner naissance au bébé aujourd'hui? Oui, bien sûr, il ne peut pas ne pas avoir compris.

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11 novembre 2009

J'ai perdu mon internet!

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J'ai perdu ma connexion, mon fil, j'ai perdu mon appartenance au monde, à l'international pendant quelques jours... Impossible de faire un saut à Tokyo ou Toronto, finies les escapades au Pérou et en Terre Adélie. Ma vie de quelques jours, désespérément réduite à mon entourage proche, finies les visites chez les copines blogueuses et l'accès à mon courrier international, lui aussi!

Bref, quelques jours de sevrage dans ce monde hautement addictif du oueb et me revoilà, toute étourdie et excitée de pouvoir en reprendre une dose massive dès là, tout de suite, maintenant! Comme le chien fou, je vais sauter partout, de blog en blog, de messagerie en unes des journaux, bref, je vais me saouler d'informations, de nouvelles et je vais profiter de ma liberté recouvrée pour une ivresse non contrôlée de surf en tous genres.

Sur ce, je vous laisse et je vous retrouve chez Faustine, une cigale à Paris, Kielut, Mère Joie, Aude, Fr@mboize, LaraduWebLolotte, MissBrownieEudoxie, UnicksMadame Kévin, M, Lili est insolente, l'épice, frannso, Mabb, Lagrengren, Mamzellescarlett, inandoubtblog,   Arachnée et bien d'autres!

A très vite les mecs!

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04 novembre 2009

This Is It

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Bon, j'ai pas résisté, j'y suis allée, avec mes petites miettes et on est ressorties un peu chafouines, un peu amères, un peu tristouilles. Peut-être pas pour les mêmes raisons. Elles, elles n'ont vu que ce spectacle imaginé et quasi féérique qu'elles ne verraient pas. Moi j'ai replongé des années plus tôt quand j'ai découvert le roi Michael à la radio qui balançait son Billie Jean. Je me souviens très bien m'être demandée qui était ce gars qui chantait comme ça. J'étais soufflée. J'avais une dizaine d'années. J'ai suivi la carrière, hypnotisée par ses danses, son moonwalk, ses clips hallucinants. Thriller aujourd'hui semble presque banal mais à l'époque, un clip de 14 minutes, c'était énorme! Michel Drucker était tout fier de le présenter à Champs Elysées! Et moi, j'étais captivée.

On peut dire ce qu'on veut sur l'homme dont les côtés obscurs nous dépasseront toujours mais l'artiste, l'artiste était grandiose.

Plus vraiment beau avec son visage remanié au bistouri et plus aussi mobile qu'avant ou alors, se ménageant pendant les répétitions, je ne sais pas, mais, ce spectacle aurait été magique. Dès qu'il entame une chanson, on est propulsé dedans et à peine esquisse-t-il un pas qu'on est transporté dans un monde irréel onirique d'apesanteur.

Quel dommage...

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01 novembre 2009

n°2

Previously: n°1


Elle a immédiatement changé de statut, elle l'a très bien ressenti. Toute son enfance, on l'a traitée en gamine, celle qui ne sait pas, celle qui ne peut pas faire, celle qui est trop petite. L'annonce de la grossesse a tout changé. Son père a versé une larme et Catherine et Solange, malgré la jalousie d'avoir été devancées, l'ont chaleureusement félicitée. Sa mère l'a prise dans ses bras et lui a dit qu'elle était une femme à présent. Jean, fidèle à lui -même, a hoché la tête, ce qui voulait certainement dire que c'était bien. Mais là, aujourd'hui, rien ne se passe comme elle l'a souhaité, rêvé, idéalisé. Georges n'est pas le mari idéal. L'homme se révèle trompeur et absent. Ce bébé, il ne le souhaite pas vraiment. D'ailleurs, il ne s'est pas réellement intéressé à la grossesse et là bordel, il est où? Quelle mascarade! Pourquoi a-t-il absolument tenu à se marier si c'est pour la laisser tomber aujourd'hui? De quoi elle a l'air, elle, maintenant? D'une gourde qui se fait avoir! Tu parles d'une infantilisation! Elle ne se sent plus du tout femme mais une  toute petite fille prise en faute et qui voudrait partir loin, très loin, pour ne pas avoir à affronter le regard des autres.

Elle sort immédiatement de sa réflexion morbide au moment où son père entre comme un fou dans le salon:
"Allez, c'est parti ma petite!  Monsieur Jeannet nous attend en bas dans sa DS. On sera à la clinique dans dix minutes. Où est ta valise?
- Chez moi..." dit-elle gênée. Décidément, elle les accumule. Venue pour le déjeuner chez ses parents avec son mari, elle n'avait pas pensé une seconde qu'elle pourrait repartir de chez eux en trombe pour aller mettre son bébé au monde.  Merde, merde, je vais devenir folle!

"Ah... Qu'est-ce qui se passe... J'ai.. Je suis..., bredouille-t-elle
- Oh la la, elle a perdu les eaux Pierre! Vite, il faut partir!"

S'il avait fallu que ce départ soit discret, c'était râté. La moitié de la rue est maintenant au courant que la fille Vareille va accoucher. Ils regardent tous cette petite équipée qui sort du numéro sept à grands fracas. Pierre porte sa fille jusque dans la voiture tandis que Léontine lui répète:
"Attention, tu vas la tomber! Attention, tu vas la cogner! Tu ne devrais pas la porter comme ça! Tu veux que je t'aide? Tu es sûr que tu vas y arriver seul? Mais laisse-moi t'aider! Attention à la marche!
- Mais bon dieu, fous-moi la paix, tu vois pas que tout le monde te regarde crier?!
- Mais je crie pas, c'est toi qui hurles! Attention à la porte!"

Mais merde, même aujourd'hui, ils vont se disputer, alors que je souffre le martyr et que Georges, ce connard, est en train de faire je ne sais quoi!!! Bordel!
"Arrêtez s'il vous plaît, tout le monde vous regarde!"

Dans la voiture, ils continuent de se chamailler pour la valise. Pierre pense qu'il faut filer tout de suite à la clinique tandis que Léontine lui fait remarquer que c'est bien un homme, que même après quatre enfants, il ne sait toujours pas qu'un accouchement dure des heures et qu'ils ont bien le temps de faire un petit détour par l'appartement de leur fille pour aller récupérer la fameuse valise, ce sera bien plus pratique ensuite, Annie trouvera toutes ses affaires et celles du bébé. Et puis, on ne sait jamais, si Georges ne réapparaissait pas de sitôt, comment ferait leur fille pour se changer? Les arguments sont abattus les uns après les autres sur un ton qui ne supporte aucune réplique et Pierre compatissant, fait signe à monsieur Jeannet de bien vouloir aller tout droit une fois arrivés aux grandes maisons pour aller chercher la valise.
"T'en fais pas Annie, dit monsieur Jeannet, ta mère a raison. Il va pas sortir comme ça dans la voiture le petit. Ma Simone, quand elle a eu Madeleine, elle y est restée plus de vingt heures... Moi, je savais plus quoi faire, alors, je suis parti boire un coup avec les copains. Tiens, ton père étais là ce jour-là, tu te souviens Pierre?
-Vingt heures?... souffle-t-elle, vingt heures..."

Il aura fallu exactement onze minutes à Pierre pour aller récupérer le paquetage maternel au cinquième étage. Une fois redescendu, il grimpe dans la vieille DS et ils filent tout droit jusqu'à la clinique du Parc où Annie est immédiatement prise en charge par une soeur-infirmière.
"Où est le père? demande-t-elle, autoritaire.
- Ici", répond Pierre, un peu penaud. C'est qu'elle lui ferait presque peur avec sa coiffe sur la tête et son air austère.
Elle le juge de toute sa hauteur et dédaigneusement lève les yeux au ciel et réplique:
"Le père de l'enfant, c'est vous? Vous me semblez un peu vieux!"
Se rendant soudainement compte de la confusion, Pierre esquisse un sourire gêné et dit:
"Non, je suis le père de la future maman." Et il ajoute aussitôt: "Le papa arrivera plus tard".

Les formalités d'admission ne prennent que quelques minutes et Annie est conduite dans la salle de travail. Ses parents restent dans la salle d'attente qui est contigüe à celle-ci, si bien qu'ils peuvent suivre les opérations d'assez prêt.

Sans lui adresser le moindre regard, un homme tout de blanc vêtu explique à Annie qu'il va maintenant juger de l'avancement du travail.
"Vous allez avoir votre bébé très vite, Madame, votre col est presque entièrement dilaté.
- Ah? parvient-elle à souffler.
- Qu'est-ce que vous voulez, un garçon ou une fille?
- Mon mari préfèrerait un garçon mais moi, ça m'est égal.
- Et votre mari, il ne veut pas assister à l'accouchement? Vous savez, maintenant, les hommes ont leur place à côté de leur femme pour les aider et les encourager. Et puis le bébé ressent la présence de son père!
- Je... je... je ne sais pas où il est...", parvient-elle à dire après une contraction extrêment douloureuse.


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