30 octobre 2009
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Schaffer & Annie Barrows

Avec un titre comme celui-ci, la lecture ne pouvait être que bonne. Et elle le fut!
L'histoire se passe après-guerre en Angleterre. Et nous découvrons cette histoire via de la correspondance entre les protagonistes. Juliet est la jeune femme que nous suivons et qui découvre ce cercle littéraire improbable sur la petite île de Guernesey. On s'attache aux personnages grâce aux descriptions dans les lettres ou grâce à ce qui est relaté sur les occupations des uns ou des autres.
C'est très frais, très optimiste, très romanesque. Les personnages sont en couleur, avec de vrais caractères et des personnalités diverses: nous avons des excentriques, des posés, des enthousiastes, des observateurs... Les émotions sont décrites suivant la sensibilité de l'auteur de la lettre. Petit à petit, une histoire se dessine, au fur et à mesure que les liens se tissent entre les personnes.
C'est une belle histoire qui se déroulent dans ces lignes: une histoire pleine d'espoir au sortir d'une guerre destructrice. On sent l'envie de tout recommencer, de faire fi du passé et d'aller de l'avant.
On se sent bien avec ce livre. On a l'impression d'avoir découvert un coffre dans un grenier avec des paquets de lettres retenues par une ficelle et de lire les lettres tant chéries de notre grand-mère à la lueur d'une lampe de poche, sur le plancher poussiéreux. Une belle impression, forcément, on a découvert un trésor!
Un bon bouquin à lire ce week-end car normalement, le temps se gâte!
28 septembre 2009
Le Magasin des Suicides - Jean Teulé
La famille Tuvache tient un commerce: Vous y venez une fois et une seule, vous achetez votre produit pour vous suicider et vous ne reviendrez forcément pas. Il est tenu par la mère et le père qui rivalisent d'idées en poisons et autre concepts pour mourir. Ils ont trois enfants qui font la fierté de leurs parents sauf le dernier, qui a mal tourné: il sourit, est optimiste et répand la joie de vivre! Les deux autres sont mal dans leur peau, ne vont pas bien, bref, cadrent avec le commerce parental.
Malgré tout, le petit dernier a un impact sur la famille qui se laisse "ramollir" par la bonne humeur du garçonnet. Seul le père est récalcitrant et regarde tout ça d'un mauvais oeil. Petit à petit, le magasin change, évolue et la famille aussi.
Un livre qui se lit en un éclair. Un roman très agréable qui fait appel à nos sentiments, à nos ressentis et à notre façon d'envisager la vie. Sous des airs de simplicité, il recèle de trésors d'humanisme. Ca grince, ça nous irrite parfois, ça nous agace et ça nous déconcerte forcément!
Si vous êtes d'humeur noire ou si vous cherchez un sens à votre vie, ce livre est pour vous! Bonne lecture!
21 septembre 2009
5 femmes, 5 auteurs

La Mère joie vient de m'assigner: 5 livres lus et aimés par 5 femmes!
Alors, c'est parti:
Kate Atkinson: Dans les coulisses du musée: C'est une histoire de famille comme on n'en voudrait pas. Chaque personnage est superbement bien décrit. Le tout est épicé d'un brin de sarcasme et d'une pincée d'ironie. Très bon.
Catherine Pancol: Les yeux jaunes des crocodiles . Je l'ai découverte avec ce roman et j'ai trouvé le roman attachant. Bien sur j'ai enchainé sur la suite qui m'a moins séduite mais qui reste un bon moment de lecture quand même.
Catherine Cusset: La haine de la famille: Ou comment communiquer avec nos proches. Des descriptions dures mais d'une incroyable lucidité.
Françoise Dolto: Tout est langage : L'importance de la parole dès le plus jeune âge. Voici une personne que j'aurais voulu rencontrer pour son acuité, son intelligence, sa perception des choses.
Nancy Huston: Lignes de faille : A peine fini, qu'une envie, repartir au début et combler les petits trous d'interrogation. Dans une famille, on suit le parcours de quatre enfants de nos jours jusqu'à l'arrière grand mère. Les réponses sont données avant les questions et petit à petit on comprend le pourquoi du comment. Un grand moment!
Nancy Huston est incontestablement mon auteur femme préférée. Ses romans sont forts, parfois durs et toujours bouleversants. L'écriture est ciselée. Un grand auteur!
A mon tour, je refile le bébé: Lagrengren, Madame Kévin, la chauve-souris, Del et Lolotte.
06 septembre 2009
Où on va, papa? Jean-Louis Fournier
C'est un livre qu'on lit très vite, en une soirée. On le dévore avec tristesse, incompréhension, compassion. Jean-Louis Fournier nous dévoile sa vie de père avec parfois du détachement, avec quelque fois du sarcasme, toujours avec de l'émotion. Un premier enfant, un garçon, nait handicapé mental. Un deuxième garçon arrive. C'est l'espoir qui pointe le bout de son nez. Ils y croient quelque mois et puis l'annonce fatale: handicapé lui aussi.
La vie s'organise autour de ces deux enfants qui n'évoluent pas comme les autres. Les parents se questionnent, font comme ils peuvent, vont de désillusions en désillusions. Les enfants grandissent, les regards des autres se posent toujours sur eux, les parents encaissent.
Leur vie devient compliquée à chaque instant, les enfants grandissent avec difficulté, ils sont physiquement diminués mais la vie continue malgré tout.
C'est l'histoire d'un combat, l'histoire d'un questionnement permanent sur le sens de la vie, l'histoire de l'incompréhension. Témoignage poignant, "Où on va, papa?" nous renvoie à nous-même, à notre condition de parent, à notre vie, à l'injustice qui peut frapper, à la peur, au trou noir.
C'est un livre à découvrir. Dès qu'on lit les premières lignes, on ne peut plus lâcher les pages. On compatit avec force, on voudrait encourager cet homme et cette femme qui ont souffert et qui souffrent, on se sent démunis.
20 mai 2009
Un don - Toni Morrison

Fin du XVIIème siècle en Amérique. L'esclavage n'est pas encore une histoire de race. On peut payer d'une personne pour n'importe quelle dette, les personnes étant monnayables. L'histoire se situe dans une ferme où le couple a à son service trois jeunes femmes ou filles: Lina, une esclave, proche de rebekka, la maîtresse de maison, Sorrow et Florens.
On navigue dans la tête des unes et des autres, leur vie d'avant l'esclavage, leurs peurs, leurs espoirs. La maladie fait peur, certaines croyances font peur, la vie est dure et chacun essaie de tenir le coup.
Toni Morrison nous raconte des vies brisées mais qui acceptent l'inévitable fatalité de leur existence. Le récit est volontairement embrouillé si bien que la lecture est parfois difficile. Il faut constamment se poser la question de savoir si nous sommes dans le réel ou l'imaginaire, dans le présent ou dans le passé. La jeune Florens qui a été donnée par sa mère au maître, ne comprend toujours pas pourquoi des années après, sa mère l'a choisie elle, plutôt que de se sacrifier elle-même.
C'est un roman qui est souvent dur par l'histoire qu'il raconte. La vie des hommes et des femmes n'a bien évidemment rien à voir avec ce que l'on peut penser. Une vie humaine n'avait pas la même valeur qu'aujourd'hui et l'on envisageait pas les enfants avec la bienveillance qui les entoure aujourd'hui. La mort est racontée, la souffrance, les larmes, le viol, la soussmission et le désespoir.
Un roman fort qui ne laisse aucun espoir à quiconque, ni aux maîtres, ni aux esclaves et encore moins aux femmes.
A lire si on se sent prêt à plonger dans l'univers presque bestial de cette époque.
29 janvier 2009
44 Scotland Street - Alexander MCCall Smith
Voilà un livre, très agréable, qui se lit vite et qui emporte le lecteur dans Edimbourg. Initialement, ce roman paraissait quotidiennement dans The Scotsman. Le roman est donc rythmé par des chapitres courts et qui amorcent à chaque fois une nouvelle intrigue. Les personnages sont hauts en couleurs. Il s’agit, en fait, de voisins, vivant tous au 44 Scotland Street, dont nous vivons les aventures au quotidien. Une ancienne anthropologue, un garçon imbu de sa personne et qui ne doute de rien, une jeune femme qui devient la colocataire de celui-ci et qui se pose beaucoup de questions, un couple avec un surdoué de 5 ans… tout ce beau monde vit sa petite vie et se rencontre parfois. Ils ne s’apprécient pas forcément mais sont bien obligés de rester courtois.
A tout cela s’ajoutent des personnages satellites qui eux aussi sont intéressants par la vie qu’ils mènent et les questionnements qu’ils exposent sur leur vie.
L’amour est bien évidemment la préoccupation de certains ou tout du moins, la recherche de l’autre, la moitié qui rendra la vie plus facile. D’autres se préoccupent plus de leur travail ou de briller en société par exemple. Les travers de l’homme d’aujourd’hui sont épinglés ici et l’on sourit souvent car bien sûr, tout ceci nous parle.
Une fois commencé, l’on ne lâche plus ce roman, qui sans être exceptionnel, demeure un bon roman de chevet avec des intrigues multiples qui accrochent toujours plus le lecteur. Donc, si vous voulez passer un bon moment, je vous recommande ce livre qui devrait être une bonne compagnie pour le week-end.
24 novembre 2008
Le Challenge ABC 2009
Bon et bien voilà, je me suis inscrite au Challenge ABC 2009. Je ne sais pas du tout si je vais réussir à tenir la cadence mais on verra.
Le but: Dresser l'alphabet et faire correspondre un auteur en face de chaque lettre, ce qui fait concrètement découvrir 26 auteurs et tout cela pendant l'année 2009.
Ensuite, on parle des livres lus bien sûr.
Donc, je vous dresse la liste et j'accepte des suggestions de lectures.
ATKINSON Kate: La souris bleue
B
CUSSET Catherine: Un brillant avenir
DUBOIS, Jean-Paul: Les accommodements raisonnables
E
FRY Stephen: Mensonges, mensonges
GAVALDA Anna: La consolante
HUSTON Nancy: Cantique des plaines
I
J
K
LENOIR Hélène: L'entracte
McCOURT Frank: C'est comment l'Amérique?
N
O
PERRY Anne: Le secret de Noël
QUENEAU Raymond: Zazie dans le métro
RUIZ ZAFON Carlos: L'ombre du vent (conseillé par Del)
SHRIVER Lionel: Il faut qu'on parle de Kévin
TROPPER Jonathan: Perte et fracas
U
V
W
X
Y
Z
N'hésitez surtout pas à me donner des idées!
Enfin, le site du challenge, c'est par ici.
19 novembre 2008
Les cendres d’Angela - Frank McCourt
« Quand je revois mon enfance, le seul fait d’avoir survécu m’étonne. Ce fut, bien sûr, une enfance misérable : l’enfance heureuse vaut rarement qu’on s’y arrête. Pire que l’enfance misérable ordinaire est l’enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l’enfance misérable en Irlande catholique. »
Voilà qui résume tout à fait ce roman magnifique tiré de l’histoire même de l’auteur.
Frank, né en Amérique de parents irlandais vit dans une famille pauvre. Son père est un alcoolique notoire, pas méchant mais incapable de se passer d'alcool. Leur misère et leur malheur les poussent à retourner en Irlande où ils s’installent à Limerick. Leur quotidien se résume à trouver de l’argent pour manger un peu de pain avec du thé et pouvoir allumer un feu. Frank, petit garçon lucide et vaillant regarde avec tristesse ce père qui ne pense qu’à boire et qui n’est pas capable de garder un boulot. Il regarde cette mère avec tendresse, cette mère qui vit les plus grands malheurs qu’une maman puisse vivre et qui a un mari qui « boit » tout le salaire de la semaine dans les pubs. Ces frères et lui dorment sur un matelas qui a des puces. Ils n’ont pas de draps, les chaussures sont trouées, toute la ruelle utilise les WC qui sont juste devant la porte d’entrée et ils empestent toute la maisonnée, l’hiver, il y a de l’eau dans toute la cuisine, les maîtres d’école sont violents et tout tourne autour des pêchés mortels et de la phtisie qui tue à petit feu les habitants de la ville…
Bref, la vie est misérable et Frank McCourt nous livre son enfance de façon brute avec beaucoup d’humilité. Il y pose un regard tendre et malgré tout très optimiste.
On a du mal à lâcher ce roman qui vibre d’une intensité particulière. On s’attache à ce petit garçon qui traverse toutes les épreuves sans jamais ciller et qui à force de volonté va s'en sortir.
Premier roman d’une trilogie, je vous recommande fortement ce livre, dont l’auteur a fini par devenir professeur de lettres aux Etats-Unis et a connu le succès à plus de 60 ans.
Dernière petite info, Alan Parker en a fait un film qui reste fidèle au roman mais qui évidemment fait beaucoup d’impasses sur des détails importants. Il vaut mieux lire d’abord le livre pour éventuellement visionner le film ensuite.
En tout cas, je vous souhaite une
bonne lecture et vous laisse en compagnie de Frank dans les ruelles humides de l’Irlande... catholique.
12 septembre 2008
L’idiot du village - Patrick Rambaud

Voilà un livre court et très agréable. Le narrateur vit à Paris juste avant les années 2000. Un jour, un phénomène de « retour dans le passé » se dresse devant lui. Puis, petit à petit, il est replongé en 1953 exactement. Il croit devenir fou mais finit par s’habituer à ce voyage plus qu’inhabituel. Il a la connaissance du futur mais plus vraiment les us et coutumes de l'époque de son enfance. Plongé dans les années 1950, il cherche à manger et à dormir à l’abris et découvre un Paris très différent de celui d’aujourd’hui. Les réflexes de survie sont là mais le quotidien diffère forcément.
Ecrit avec subtilité, humanité et beaucoup d’acuité, ce roman est frais. Il se lit d’une traite, nous plonge presque en terre étrangère et nous interroge sur nos façons de vivre actuellement. On se rend compte que nos priorités ne sont pas les mêmes, que nos attitudes face à la vie sont très différentes et on découvre avec délice ce Paris version 1953 comme autant de petits villages mitoyens. La ville n’est pas vraiment une ville ou plutôt elle grouille et fourmille ici et est déserte là-bas.
Un livre à lire le week-end. Je vous souhaite une bonne lecture.
18 juin 2008
Les hommes viennent de mars, les femmes viennent de vénus - John Gray
Vous vous disputez avec votre moitié ? Vous ne le comprenez plus ? Elle vous irrite de plus en plus ?
C’est normal ! Et oui, cela n’a peut-être rien à voir avec la fuite de l’amour mais peut-être avec le fait que votre tendre aimé(e) n’est pas comme vous, qu’il est martien ou qu’elle est vénusienne.
Révélation de ce livre : Les hommes et les femmes, ne fonctionnent pas de la même façon ! Avec ça, tout devrait rentrer dans l’ordre, non ?
Monsieur se réfugie dans sa « caverne » dès lors qu’il rencontre un problème ou qu’il a une interrogation, rien contre sa femme, sa copine ou sa fiancée, donc. C’est un vieux réflexe martien qui lui permet de faire face et ensuite de revenir à la vie de couple.
Madame parle, parle, parle. Tout ce qui la tracasse, elle le verbalise à son homme qui lui le prend comme des reproches ! Il essaie de trouver des solutions mais ce n’est pas ce qu’elle attend ! Non, tout ce qu’elle veut, c’est qu’il l’écoute sincèrement, ouf…
Ce livre est sympa, on s’y retrouve forcément, que l’on soit homme ou femme. John Gray nous a disséqués et nous fournit (quand même !) quelques astuces en cas de crise.
Un peu long, il y a beaucoup de répétitions mais il vaut le coup si vous vous posez des questions sur votre couple ou si vous êtes curieux de dénicher les petits secrets de votre moitié.






