26 mai 2009
Quand le chat t'observe

Quand le chat t'observe tu ne le vois pas forcément. Il est là, placide, silencieux et il te regarde passer en bougeant furtivement sa petite tête féline pour mieux te voir. Toi, tu te balades tranquillement, tu regardes les pierres oranges des maisons, les niches de certaines façades, tu respires les fleurs des bacs, tu te délectes de la douce odeur de chaud d'après orage et tu humes la poussière rabattue par la pluie. Tu prends une photo par-ci et une par-là et le chat t'observe toujours.
Tu retournes sur tes pas pour être sûr de ne rien avoir manqué de cette placette de village beaujolais et ton attention est encore attirée par un détail du terroir. Tu échanges sur ces particularités locales, tu rappelles ce que fut l'histoire, où se trouvaient les latrines et pendant ce temps-là, le chat t'observe encore.
Tu pourrais continuer ta route sans même le remarquer, lui qui est là depuis le début. Tu as regardé partout, photographié la beauté des lieux mais lui, tu ne l'avais pas vu. Il est discret, petit et très observateur. Il te détaille, se méfie certainement de toi mais ne bouge pas. Il est chez lui, tranquille, sur ses gardes peut-être mais il affiche la sérénité.
Tu le remarques enfin et vos regards se croisent. Pendant que tu fouillais à la recherche de mille détails dans ta balade, lui, Monsieur le Chat était là, voyeur, témoin de ta curiosité.
13 février 2009
Un (tout) petit moment de solitude...
La semaine dernière, je vais chez mon médecin pour un rappel de vaccin. Jusque là, tout est normal. J'ai rendez-vous à 19 heures. Il fait nuit. Je me gare sur le parking. Il fait tout noir, j'aime cette ambiance. Tout est calme, les silhouettes sombres glissent derrière les voitures. C'est la fin de la journée.
Je rentre dans le cabinet médical qui est allumé d'une douce lumière tamisée dans le couloir. L'ambiance est feutrée. Je gagne la salle d'attente ou une maman et son enfant attendent leur tour, un homme d'une cinquantaine d'années lit un magasine et une jeune fille, dix-huit ou vingt ans qui tripote son portable. Tout est calme. Personne ne parle, il n'y a pas de bruit, c'est la nuit. Je passe les gens discrètement en revue, j'adore faire ça. Je me mets à imaginer leur vie, qui ils sont et pourquoi ils sont là. D'après moi, la maman vient pour son enfant qui respire difficilement. L'homme a peut-être mal au dos, il se tient en avant, les coudes sur ses genoux. Quant à la jeune fille, un manque de fer? Elle est plutôt pâle. Oui oui, je prends de grands raccourcis mais c'est pas bien grave, je fais mon Docteur House, tout ça, c'est dans ma tête que ça se passe.
Quand soudain, cette sérénité, ce calme est troublé. Troublé par moi, précisément et à l'insu de moi-même il faut bien le dire. Un énorme gargouillement s'échappe de mon ventre. Ca me surprend, je change de position. Les têtes se tournent vers moi, j'assume, je fais comme si de rien n'était. Mais ça recommence, je gargouille, je gargouille, je gargouille et là... je suis franchement gênée de troubler le silence de ce petit groupe improvisé. Que faire? Que faire quand votre estomac se manifeste comme ça? Certains bruits se maîtrisent, le pet par exemple... (quoi que parfois, ils peuvent nous surprendre, mais c'est une autre histoire...). Un rôt s'anticipe mais un estomac qui se fait entendre, vous faites quoi pour l'arrêter?
Ben rien, vous laissez faire. Je me trémousse sur ma chaise et prie pour qu'un médecin vienne chercher un patient ou mieux pour que mon médecin me fasse entrer. Mais non, l'attente dure et je sens que les regards se posent sur moi. Des rires en coin apparaissent et moi j'ai honte...

