14 novembre 2009
Soudain, on vous offre des fleurs!

Il pleut dehors. D'ailleurs, ce matin-là, quand vous vous êtes réveillée avec le bruit des gouttes qui tombaient allègrement sur le toit, vous avez savouré cet instant calme et paisible. Une lumière grise s'était déjà invitée dans la chambre. Vous vous étirez, bien au chaud sous la couette en plumes. Il est 8h18. La journée commence, c'est samedi. Tout doucement, vous vous asseyez et vous mettez votre corps en route. Tout doucement, vous enfilez un pyjama et tout doucement, vous vous levez. Vous passez rapidement par les toilettes et, l'oreille tendue, vous tentez de discerner les bruits de la maison: D'après ce que vous entendez, les miettes dorment mais le quignon est déjà debout. Et puis, vous descendez l'escalier en bois. Vous vous arrêtez au palier pour regarder tomber la pluie dans votre jardin. Vous vous grattez peut-être un peu la tête en baillant. Vous descendez alors jusqu'à la cuisine. Votre homme et votre petit homme sont là, souriants. L'un tète son biberon de lait avidement. L'autre boit du thé en écoutant la radio. Sur la table, un bouquet de roses mouillées vous attend.
C'est samedi, il pleut, vous êtes bien...
13 mai 2009
la nature chante
L'hiver on entend la pluie qui tombe et la neige qui enveloppe tout, étouffe les bruits mais au printemps, la nature chante. Les oiseaux font un concert dès le levé du jour. On dirait qu'ils se donnent la réplique. Ils gazouillent à qui mieux mieux et pour peu que vous soyez encore au lit, c'est un vrai plaisir que de les écouter dans la douce lumière qui commence à filtrer dans la chambre.
Les fleurs qui s'épanouissent et qui explosent en couleurs le font silencieusement, elles , mais tous les petits insectes qui dansent autour, grésillent dans une folle farandole. Plus loin les grillons frottent leurs élytres et soudain c'est l'herbe qui semblent entonner un refrain d'été.
Le soir, quand la nuit arrive, tout ce petit monde chante encore. Une tourterelle se fait entendre par-là, un pinson laisse éclater sa joie, un merle sifflote gaiment. Une impression de douceur et de chaleur s'installe avec les bruits doux de la nature. On a envie de trainer dehors avec eux, de siffloter à notre tour, de boire un café en discutant doucement, de débusquer le ver luisant qui soudain éclate dans la pelouse.
Au printemps, même la pluie de l'orage n'a pas la même musicalité. Les coups de tonnerre grondent et l'eau s'abat sur nous en trombe mais après, toute la petite faune annonce que tout va bien.
Au printemps, la nature chante et moi ça me donne des ailes...
14 avril 2009
la bonne paye

Six joueurs autour d'une table. Le plateau est installé, les 1500€ distribués en billets de 500, 100 et 50€. Chacun a un livret d'épargne et autant de chance de gagner. On décide à l'avance du nombre de tours. Ce sera six tours, dehors il pleut. Les pions sont choisis. Moi c'est le blanc et je tiens la banque. La moitié des joueurs a moins de 8 ans. C'est du tout cuit! La partie s'annonce endiablée, l'excitation est palpable, au moins autant que lors d'une partie de poker car attention, c'est super sérieux une partie de bonne paye!!!
Bizarrement, le 6 qui remporte la cagnotte tombe toujours de la main de la même mouflette, empochant au passage des milliers d'euros laissés par les adultes imprudents qui se sont laissés avoir par une sortie en famille ou une journée shopping. Bizarrement, les meilleurs acquisitions se présentent à la jeunesse, investissant par là dans des châteaux en Espagne et des voyages sur la lune quand les pauvres adultes ne se paient que des collections de BD ou de vieux tacots! Bizarrement, les concours de beauté rapportant la modique somme de 1500€ sont toujours au crédit de la jeune génération au détriment de la maturité parentale! Bizarrement les moins de 8 ans ont déjà pigé le fonctionnement économique de notre société avec les intérêts du livret d'épargne et les factures qui tombent à la fin du mois!
Bizarrement, les plus de 30 ans se sont fait plumer... bizarrement...
12 mars 2009
Quand je fais des miennes!
L'autre jour, ma rue était déserte. Il pleuvait, pleuvait, pleuvait énormément. Moi, j'étais au sec dans ma voiture, les miettes derrière, on sortait entre filles. Je démarre, les essuie-glaces vont et viennent, c'est que c'est pas de la petite pluie! Ma rue n'est pas une belle rue goudronnée mais une rue abandonnée par la DD* qui semble ignorer qu'elle existe tant les trous et les bosses en font même peut-être une exception dans la ville. Bah, j'y suis habituée et finalement, je l'aime bien, cette bonne vieille rue cabossée. Mais je m'égare.
L'autre jour donc, au volant, sous la pluie, je démarre et je me mets à rouler pas trop vite, on est en ville et en plus il pleut des cordes. Je discute en même temps, je pars dans des explications, je m'implique dans la conversation en regardant dans le rétro mes petites interlocutrices et je roule évitant cette bosse-là et ce trou ici. Et blabla et blabla.
Un vieux monsieur est recroquevillé sur lui même pour avancer face à la pluie battante. Il peine, il n'a pas de parapluie, il sera mouillé en arrivant chez lui c'est sûr. C'est même certain! Je discute, je discute et je ne percute pas que je suis en train de rouler sur une énorme flaque, à côté du papi qui se l'a prend de plein fouet. Je réalise au moment où lui-même se rend compte que je suis une folle qui vient de l'arroser et je sens bien qu'il n'y croyait pas. Si je voyais son regard, il serait incrédule, c'est sûr.
Derrière moi des rires: le pépé a pris une douche. Et dans mon rétro, le vieux bonhomme s'est retourné, bien redressé à présent et il lève les mains dans ma direction... Le pauvre, je l'aurais poussé dans la piscine qu'il n'aurait pas été plus mouillé! Je me sens comme une sale gosse (que je suis). J'irai m'excuser, promis, juré, craché!
23 janvier 2009
I can’t stand the rain…
Le nez collé à ma fenêtre je regarde en grelottant toute cette pluie qui tombe et qui fait des vagues sur le sol car le vent joue avec elle. Je regarde les toits mouillés et ruisselants qui laissent échapper des litres et des litres dans leur chenaux. L’eau coule, coule, coule le long du tube de fer et se jette dans les caniveaux en crue. La pluie tourbillonne, danse dans un roulis désorganisé et gifle les fenêtres, fouette les visages, lessive les murs avec la complicité de son ami Eole. Elle se glisse partout, s’introduit dans le moindre petit trou, la moindre petite fissure, s’abat sur les épaules et les cuisses des écoliers.
Par moment, le vent et la pluie chantent. En chœur, ils improvisent une symphonie clapotante, mélodieuse et insensée. Le vent souffle et gronde tandis que la pluie claque. Ils se chantent la sérénade avec pour spectateurs les parapluies qui se retournent, les écharpes qui s’envolent et les pieds qui se mouillent.
Le nez collé à ma fenêtre, je regarde ce peuplier impuissant qui plie. J’observe ce chat, caché sous un porche qui attend patiemment une accalmie pour se lancer à l’aventure. J’écoute le grondement du souffle superpuissant dans les volets qui essaient de se refermer. Le nez collé à ma fenêtre, je nargue les gouttes qui essaient de m’atteindre mais qui se heurtent au verre, le nez collé à ma fenêtre, je me dis qu’aujourd’hui est une journée à rester sous la couette.



