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fiches de lectures par ci et photos par là, quotidien de ci de là

14 novembre 2009

Soudain, on vous offre des fleurs!

roses
Il pleut dehors. D'ailleurs, ce matin-là, quand vous vous êtes réveillée avec le bruit des gouttes qui tombaient allègrement sur le toit, vous avez savouré cet instant calme et paisible. Une lumière grise s'était déjà invitée dans la chambre. Vous vous étirez, bien au chaud sous la couette en plumes. Il est 8h18. La journée commence, c'est samedi. Tout doucement, vous vous asseyez et vous mettez votre corps en route. Tout doucement, vous enfilez un pyjama et tout doucement, vous vous levez. Vous passez rapidement par les toilettes et, l'oreille tendue, vous tentez de discerner les bruits de la maison: D'après ce que vous entendez, les miettes dorment mais le quignon est déjà debout. Et puis, vous descendez l'escalier en bois. Vous vous arrêtez au palier pour regarder tomber la pluie dans votre jardin. Vous vous grattez peut-être un peu la tête en baillant. Vous descendez alors jusqu'à la cuisine. Votre homme et votre petit homme sont là, souriants. L'un tète son biberon de lait avidement. L'autre boit du thé en écoutant la radio. Sur la table, un bouquet de roses mouillées vous attend.
C'est samedi, il pleut, vous êtes bien...

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12 novembre 2009

n°3

Previously: n°1n°2

Au fil des minutes qui passent comme des jours entiers, la douleur s'intensifie. Annie ne sait plus comment se tenir. Elle essaie de rouler sur le côté gauche pour calmer les contractions qu'elle ressent dans tout le ventre et dans les reins mais rien n'y fait. Sa respiration s'accélère et les encouragements de l'infirmière ne la calment pas vraiment. Elle fulmine contre la douleur et contre Georges. Elle voudrait être ailleurs, ne plus avoir mal. Bien sûr, elle avait entendu des conversations sur les accouchements mais jamais elle n'aurait pu imaginer qu'elle puisse ressentir ça. A bout de souffle, elle parvient à articuler:
"Je me sens pas bien... Je vais m' évanouir..." Son regard se trouble et les voix s' éloignent. Elle entend un sifflement de plus en plus intense et de la sueur froide sur son front et dans sa nuque la fait frissonner. Et puis soudain, c'est le trou noir...

Pendant ce temps, Pierre et Léontine assistent à l'entrée de deux autres personnes dans la salle d'accouchement. Ils sont vêtus de blanc et déjà masqués. L'inquiétude commence à les envahir mais aucun des deux ne prononce un mot.
Au même moment, Annie subit une anesthésie au masque et le médecin essaie d'aller récupérer le bébé à l'aide des forceps. Il consulte son assistante qui lui confirme que la patiente est stable. Selon le monitoring, le bébé semble aller tout à fait bien , lui aussi. S'aidant des contractions qui commencent à expulser l'enfant du ventre de sa mère, l'accoucheur applique les forceps de chaque côté de la tête qu'il devine, à l'entrée du col de l'utérus. Les positionnant du mieux possible, il tire délicatement sur la tête. Le miracle opère car quelques secondes plus tard, une petite fille hurle à plein poumon! Il est 19 heures 32. Un bracelet rose sans nom est placé au poignet droit du nouveau-né.

Pierre et Léontine entendent crier  l'enfant et se lèvent d'un bond, regardant avidement la porte de la fameuse salle. Une femme en sort presque aussitôt un sourire aux lèvres et leur annonce que c'est une fille. Elle les rassure, tout va bien, on est en train d'examiner l'enfant, de le peser et de le mesurer. La maman va partir en salle de réveil car elle a fait un petit malaise qui lui a valu une anesthésie pour que l'accouchement continue à se dérouler correctement. Ils verront le bébé dans un petit quart d'heure et leur fille dans un peu plus de deux heures. Qu'ils se rassurent, tout va pour le mieux. Il faudrait aussi prévenir le papa... Tiens où est-il au fait?

Ma Lisa, que tu es petite, que tu es mignonne, tu as l'air si fragile. Pierre porte délicatement sa petite-fille sur son bras gauche et lui caresse la joue du bout du doigt. Il est tout retourné et éprouve des sentiments très confus. Une larme vient rouler sur son visage. Un sentiment de fierté l'envahit et tout à la fois, une colère immense lui tord les tripes. Où est ce bougre d'âne de Georges? Pourquoi n'est-il pas le premier à prendre cette petite dans ses bras?
"Où est Georges? Quand je vais le voir, je vais lui casser la gueule!
- Calme-toi  Pierre! Ne parle pas comme ça devant la petite!
- Mais tu te rends compte! Il n'est pas là! Il a laissé ma fille accoucher sans lui! Je vais lui tordre le cou!"
La rage lui déforme les traits et donne une couleur rose vif à son visage.
"Donne-la moi. Là... Viens avec ta mémé, petite puce..."
Pierre laisse Léontine prendre Lisa. Avec délicatesse, elle passe ses deux mains dans le petit dos et soulève le petit corps endormi. Les grands-parents sont furieux mais heureux. Bientôt, ils verront Annie et c'est tout ce qui compte.

Aux alentours de vingt-deux heures, Annie est installée dans sa chambre avec sa fille. Elle la cherche des yeux aussitôt qu'elle passe le pas de sa porte sur son lit roulant. Le brancardier qui la conduit lui a affirmé que sa petite, oui c'est une fille, l'attend patiemment avec ses parents et qu'elle va pouvoir la prendre dans ses bras. Effectivement, à peine a-t-elle franchi le seuil de la chambre qu'elle apperçoit un petit lit transparent avec un bébé endormi. Très émue, elle éclate en sanglots et demande: "C'est mon bébé? Mon dieu qu'elle est jolie! Je veux la tenir, maman, passe-la moi s'il te plaît..." Lisa est posée avec précaution dans les bras de sa maman et Annie pleure de plus en plus. Ses parents assistent avec désarroi, tristesse, joie et bonheur à tout ce capharnaüm d'émotions. Dans le silence de la chambre, l'on entend que les sanglots profonds de la nouvelle maman. Personne ne dit rien, d'ailleurs, personne ne sait quoi dire. La seule pensée qui anime tout le monde est Georges. Finalement, il aura réussi à monopoliser l'attention toute la journée par son absence alors que la vedette en ce 27 janvier est sans aucun doute Lisa.

"Annie, nous allons rentrer. On va prendre un taxi et on reviendra te voir demain matin, d'accord?
- Oui... J'aurais tellement voulu que...
- Je sais ma petite, répond Pierre en déposant un baiser sur le front de sa fille, je sais."

Il est 23 heures 51 quand Annie éteint la lumière douce de son chevet. Lisa est bien endormie dans son petit berceau.

***

"Nous sommes le 27 janvier 1972, il est 19 heures, tout de suite, le journal est présenté par..." Christine ne laisse pas au présentateur d'Inter terminer sa phrase, elle tourne la molette du poste. Depuis maintenant deux bonnes heures, elle essaie de maîtriser les douleurs de son ventre. Seule à la maison, elle attend avec une impatience grandissante le retour de son mari, François. A-t-il compris tout à l'heure quand il est parti soit disant pour deux minutes, que Christine allait peut-être donner naissance au bébé aujourd'hui? Oui, bien sûr, il ne peut pas ne pas avoir compris.

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11 novembre 2009

J'ai perdu mon internet!

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J'ai perdu ma connexion, mon fil, j'ai perdu mon appartenance au monde, à l'international pendant quelques jours... Impossible de faire un saut à Tokyo ou Toronto, finies les escapades au Pérou et en Terre Adélie. Ma vie de quelques jours, désespérément réduite à mon entourage proche, finies les visites chez les copines blogueuses et l'accès à mon courrier international, lui aussi!

Bref, quelques jours de sevrage dans ce monde hautement addictif du oueb et me revoilà, toute étourdie et excitée de pouvoir en reprendre une dose massive dès là, tout de suite, maintenant! Comme le chien fou, je vais sauter partout, de blog en blog, de messagerie en unes des journaux, bref, je vais me saouler d'informations, de nouvelles et je vais profiter de ma liberté recouvrée pour une ivresse non contrôlée de surf en tous genres.

Sur ce, je vous laisse et je vous retrouve chez Faustine, une cigale à Paris, Kielut, Mère Joie, Aude, Fr@mboize, LaraduWebLolotte, MissBrownieEudoxie, UnicksMadame Kévin, M, Lili est insolente, l'épice, frannso, Mabb, Lagrengren, Mamzellescarlett, inandoubtblog,   Arachnée et bien d'autres!

A très vite les mecs!

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04 novembre 2009

This Is It

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Bon, j'ai pas résisté, j'y suis allée, avec mes petites miettes et on est ressorties un peu chafouines, un peu amères, un peu tristouilles. Peut-être pas pour les mêmes raisons. Elles, elles n'ont vu que ce spectacle imaginé et quasi féérique qu'elles ne verraient pas. Moi j'ai replongé des années plus tôt quand j'ai découvert le roi Michael à la radio qui balançait son Billie Jean. Je me souviens très bien m'être demandée qui était ce gars qui chantait comme ça. J'étais soufflée. J'avais une dizaine d'années. J'ai suivi la carrière, hypnotisée par ses danses, son moonwalk, ses clips hallucinants. Thriller aujourd'hui semble presque banal mais à l'époque, un clip de 14 minutes, c'était énorme! Michel Drucker était tout fier de le présenter à Champs Elysées! Et moi, j'étais captivée.

On peut dire ce qu'on veut sur l'homme dont les côtés obscurs nous dépasseront toujours mais l'artiste, l'artiste était grandiose.

Plus vraiment beau avec son visage remanié au bistouri et plus aussi mobile qu'avant ou alors, se ménageant pendant les répétitions, je ne sais pas, mais, ce spectacle aurait été magique. Dès qu'il entame une chanson, on est propulsé dedans et à peine esquisse-t-il un pas qu'on est transporté dans un monde irréel onirique d'apesanteur.

Quel dommage...

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01 novembre 2009

n°2

Previously: n°1


Elle a immédiatement changé de statut, elle l'a très bien ressenti. Toute son enfance, on l'a traitée en gamine, celle qui ne sait pas, celle qui ne peut pas faire, celle qui est trop petite. L'annonce de la grossesse a tout changé. Son père a versé une larme et Catherine et Solange, malgré la jalousie d'avoir été devancées, l'ont chaleureusement félicitée. Sa mère l'a prise dans ses bras et lui a dit qu'elle était une femme à présent. Jean, fidèle à lui -même, a hoché la tête, ce qui voulait certainement dire que c'était bien. Mais là, aujourd'hui, rien ne se passe comme elle l'a souhaité, rêvé, idéalisé. Georges n'est pas le mari idéal. L'homme se révèle trompeur et absent. Ce bébé, il ne le souhaite pas vraiment. D'ailleurs, il ne s'est pas réellement intéressé à la grossesse et là bordel, il est où? Quelle mascarade! Pourquoi a-t-il absolument tenu à se marier si c'est pour la laisser tomber aujourd'hui? De quoi elle a l'air, elle, maintenant? D'une gourde qui se fait avoir! Tu parles d'une infantilisation! Elle ne se sent plus du tout femme mais une  toute petite fille prise en faute et qui voudrait partir loin, très loin, pour ne pas avoir à affronter le regard des autres.

Elle sort immédiatement de sa réflexion morbide au moment où son père entre comme un fou dans le salon:
"Allez, c'est parti ma petite!  Monsieur Jeannet nous attend en bas dans sa DS. On sera à la clinique dans dix minutes. Où est ta valise?
- Chez moi..." dit-elle gênée. Décidément, elle les accumule. Venue pour le déjeuner chez ses parents avec son mari, elle n'avait pas pensé une seconde qu'elle pourrait repartir de chez eux en trombe pour aller mettre son bébé au monde.  Merde, merde, je vais devenir folle!

"Ah... Qu'est-ce qui se passe... J'ai.. Je suis..., bredouille-t-elle
- Oh la la, elle a perdu les eaux Pierre! Vite, il faut partir!"

S'il avait fallu que ce départ soit discret, c'était râté. La moitié de la rue est maintenant au courant que la fille Vareille va accoucher. Ils regardent tous cette petite équipée qui sort du numéro sept à grands fracas. Pierre porte sa fille jusque dans la voiture tandis que Léontine lui répète:
"Attention, tu vas la tomber! Attention, tu vas la cogner! Tu ne devrais pas la porter comme ça! Tu veux que je t'aide? Tu es sûr que tu vas y arriver seul? Mais laisse-moi t'aider! Attention à la marche!
- Mais bon dieu, fous-moi la paix, tu vois pas que tout le monde te regarde crier?!
- Mais je crie pas, c'est toi qui hurles! Attention à la porte!"

Mais merde, même aujourd'hui, ils vont se disputer, alors que je souffre le martyr et que Georges, ce connard, est en train de faire je ne sais quoi!!! Bordel!
"Arrêtez s'il vous plaît, tout le monde vous regarde!"

Dans la voiture, ils continuent de se chamailler pour la valise. Pierre pense qu'il faut filer tout de suite à la clinique tandis que Léontine lui fait remarquer que c'est bien un homme, que même après quatre enfants, il ne sait toujours pas qu'un accouchement dure des heures et qu'ils ont bien le temps de faire un petit détour par l'appartement de leur fille pour aller récupérer la fameuse valise, ce sera bien plus pratique ensuite, Annie trouvera toutes ses affaires et celles du bébé. Et puis, on ne sait jamais, si Georges ne réapparaissait pas de sitôt, comment ferait leur fille pour se changer? Les arguments sont abattus les uns après les autres sur un ton qui ne supporte aucune réplique et Pierre compatissant, fait signe à monsieur Jeannet de bien vouloir aller tout droit une fois arrivés aux grandes maisons pour aller chercher la valise.
"T'en fais pas Annie, dit monsieur Jeannet, ta mère a raison. Il va pas sortir comme ça dans la voiture le petit. Ma Simone, quand elle a eu Madeleine, elle y est restée plus de vingt heures... Moi, je savais plus quoi faire, alors, je suis parti boire un coup avec les copains. Tiens, ton père étais là ce jour-là, tu te souviens Pierre?
-Vingt heures?... souffle-t-elle, vingt heures..."

Il aura fallu exactement onze minutes à Pierre pour aller récupérer le paquetage maternel au cinquième étage. Une fois redescendu, il grimpe dans la vieille DS et ils filent tout droit jusqu'à la clinique du Parc où Annie est immédiatement prise en charge par une soeur-infirmière.
"Où est le père? demande-t-elle, autoritaire.
- Ici", répond Pierre, un peu penaud. C'est qu'elle lui ferait presque peur avec sa coiffe sur la tête et son air austère.
Elle le juge de toute sa hauteur et dédaigneusement lève les yeux au ciel et réplique:
"Le père de l'enfant, c'est vous? Vous me semblez un peu vieux!"
Se rendant soudainement compte de la confusion, Pierre esquisse un sourire gêné et dit:
"Non, je suis le père de la future maman." Et il ajoute aussitôt: "Le papa arrivera plus tard".

Les formalités d'admission ne prennent que quelques minutes et Annie est conduite dans la salle de travail. Ses parents restent dans la salle d'attente qui est contigüe à celle-ci, si bien qu'ils peuvent suivre les opérations d'assez prêt.

Sans lui adresser le moindre regard, un homme tout de blanc vêtu explique à Annie qu'il va maintenant juger de l'avancement du travail.
"Vous allez avoir votre bébé très vite, Madame, votre col est presque entièrement dilaté.
- Ah? parvient-elle à souffler.
- Qu'est-ce que vous voulez, un garçon ou une fille?
- Mon mari préfèrerait un garçon mais moi, ça m'est égal.
- Et votre mari, il ne veut pas assister à l'accouchement? Vous savez, maintenant, les hommes ont leur place à côté de leur femme pour les aider et les encourager. Et puis le bébé ressent la présence de son père!
- Je... je... je ne sais pas où il est...", parvient-elle à dire après une contraction extrêment douloureuse.


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30 octobre 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Schaffer & Annie Barrows

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Avec un titre comme celui-ci, la lecture ne pouvait être que bonne. Et elle le fut!

L'histoire se passe après-guerre en Angleterre. Et nous découvrons cette histoire via de la correspondance entre les protagonistes. Juliet est la jeune femme que nous suivons et qui découvre ce cercle littéraire improbable sur la petite île de Guernesey. On s'attache aux personnages grâce aux descriptions dans les lettres ou grâce à ce qui est relaté sur les occupations des uns ou des autres.

C'est très frais, très optimiste, très romanesque. Les personnages sont en couleur, avec de vrais caractères et des personnalités diverses: nous avons des excentriques, des posés, des enthousiastes,  des observateurs... Les émotions sont décrites suivant la sensibilité de l'auteur de la lettre. Petit à petit, une histoire se dessine, au fur et à mesure que les liens se tissent entre les personnes.

C'est une belle histoire qui se déroulent dans ces lignes: une histoire pleine d'espoir au sortir d'une guerre destructrice. On sent l'envie de tout recommencer, de faire fi du passé et d'aller de l'avant.

On se sent bien avec ce livre. On a l'impression d'avoir découvert un coffre dans un grenier avec des paquets de lettres retenues par une ficelle et de lire les lettres tant chéries de notre grand-mère à la lueur d'une lampe de poche, sur le plancher poussiéreux. Une belle impression, forcément, on a découvert un trésor!

Un bon bouquin à lire ce week-end car normalement, le temps se gâte!

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28 octobre 2009

n°1

1972



"Il est ou? demande Annie avec angoisse à son père. Je peux plus attendre, je vais accoucher, il faut absolument que Georges arrive et me conduise à l'hôpital!"

Le père d'Annie, Pierre, est un homme imposant, fortement charpenté qui ne montre pas encore son mécontentement et sa colère à sa fille pour ne pas lui communiquer d'angoisses mais les aiguilles qui s'affolent sur sa montre commencent à lui faire naître un sentiment de haine à l'égard de son gendre. Ce n'est qu'un irresponsable, je le savais que ça se passerait comme ça! Il jette des coups d'oeil à Léontine, sa femme, qui n'en finit plus de marmonner dans son coin.
"Mais c'est pas possible, il lui est arrivé quelque chose! Il a dit qu'il allait acheter des cigarettes et qu'il revenait. Quand même, il a bien vu qu'elle commençait à avoir des contractions!
- Arrête maman, s'il te plaît, tu l'as déjà dit cent fois, c'est pas le moment...
- Mais c'est pas normal, ça fait plus d'une heure qu'il est parti!"

L'ambiance générale commence à devenir houleuse dans la petite maison du quartier tranquille des Charmilles. Léontine ne se supporte plus. Voilà un an qu'ils sont mariés et c'est un an de mensonges, de tromperie et de malhonnêteté. Et ma fille, il y pense? Il la rend malheureuse!

" Tu vois Annie, je te l'avais dit!
- C'est pas le moment, je t'assure... Il faut que je parte tout de suite sinon je vais accoucher ici!"
L'angoisse commence à envahir Annie qui se met à pleurer de douleur et de désespoir.
"Je le veux plus ce bébé! J'ai mal!
- Je vais chercher un voisin, dit Pierre. Peut-être que les Jeannet pourront t'emmener. Allez, tiens le coup ma petite!"

Pierre et Léontine n'ont jamais eu de voiture. Ils se sont rencontrés tard, à plus de trente ans, se sont mariés en 1945 et ont eu quatre enfants: Jean en 1947, Catherine en 1948, Solange début 1950 et Annie fin 1951. Ils habitent depuis toujours dans la même ville et leur vie s'est toujours cencentrée autour de leur quartier. Pierre est un  cantonnier bon vivant. Il aime la bonne chair et le bon vin. Il a toujours été apprécié de ses collègues et de son voisinage. C'est un personnage et lorsqu'il parle, on l'écoute. Il est d'une sensibilité à fleur de peau et malgré son air souvent bourru, il ne ferait jamais de mal à une mouche. Léontine, quant à elle, est d'une nature inquiète: du genre j'arrête tout si on frappe à la porte, on ne sait jamais, c'est peut-être une très mauvaise nouvelle. C'est une petite femme rondouillarde qui s'agite toujours dans sa cuisine et se plait à répéter les choses plusieurs fois de suite pour être bien certaine qu'on l'a comprise, sinon entendue. C'est une "tracassière" comme elle se plait à le dire. Et d'ailleurs, le mariage de sa plus jeune fille, lui a valu beaucoup de maux d'estomac. Visiblement, son inquiétude était fondée sur une réalité, le George n'étant qu'un avorton, un bon à rien! Et en plus, il lui a fait un enfant! Comment ils vont l'élever s'il n'est jamais à la maison? Heureusement qu'Annie travaille... Léontine n'en finit plus de gamberger et de tout voir en noir. Et cette petite Annie qui gémit... Oh putain, putain, putain!!!  Elle est comme ça Léontine, elle jure quand elle est en colère ou quand elle ne maitrise plus son angoisse, si bien qu'en ce 27 janvier, les jurons fusent. Elle regarde sa fille du coin de l'oeil, ce qui exaspère Annie car les regards de sa mère la renvoient à l'échec de son mariage. Il est déjà assez difficile d'accéder au rôle de femme dans une famille et d'autant plus aux yeux de sa propre mère.

Annie était fière d'être la première des trois filles à avoir un enfant. Ses deux soeurs sont mariées bien sûr mais aucun bébé pour l'instant. Seul Jean a honoré la famille d'un fils. Et elle, la "petite", comme ils l'appellent encore tous, avait fièrement annoncé qu'elle était enceinte neuf mois plus tôt.

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24 octobre 2009

J'ai rêvé du père Noël

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En me réveillant ce matin-là, j'avais encore l' image du père Noël et de sa fabrique de jouets à l'esprit quand j'ai retrouvé l'univers si familier de ma chambre. Comme si j'avais réellement vécu un voyage extraordinaire pendant la nuit. Mais le simple fait de me réveiller dans mon lit avec seulement des images floues de ma formidable épopée a suffit à me convaincre que j'avais bel et bien rêvé...

... et pourtant, il était là le gros bonhomme avec toute sa tribu. Son immense maison en bois planté au milieu d'immensités neigeuses crachait de la fumée de la grande cheminée alimentée par les lutins. Du bois parterre, du bois aux murs,  des chocolats chauds, des tartes fumantes et de la bonne humeur...

J'ai même le souvenir d'avoir pensé que déjà, chez nous, les vitrines s'habillaient de rouge et de vert, de neige synthétique et de guirlandes. J'ai pensé aux rues qui allaient bientôt s'illuminer en rivalisant d'inventions pour donner une ambiance chaleureuse et apaisante.

Alors, ce matin, après avoir vécu "tout ça" durant la nuit, je suis montée tout là-haut sous les mansardes avec les miettes et je leur ai solennellement expliqué en regardant les toits de la ville qui s'étalaient devant nous par la fenêtre, que ce serait notre poste de surveillance en décembre pour voir arriver le père Noël!

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19 octobre 2009

Val, selon Eudoxie!

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Je suis à l'honneur chez Eudoxie et j'en suis toute flattée que même je pense que je vais rougir, si si!!!
Alors, allez vite voir chez la talentueuse Eudoxie toutes les choses gentilles qu'elle dit de moi et laissez-lui un petit commentaire qui lui fera plaisir! Allez hop, c'est parti!

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17 octobre 2009

Entre les murs...

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Le titre est très bien choisi, c'est vraiment "entre les murs"...

Je suis plutôt déçue, je m'attendais à autre chose... à autre chose de mieux... de plus vivant, pour le moins, de plus vrai et de moins superficiel. Ben ouais, j'ai bien conscience de critiquer une palme d'or du Grand Festival de Cannes... je sais, je m'oppose à tout un tas de "spécialistes" du cinéma. Ok.
D'un point de vue réalisation, c'est nickel. J'ai aimé la façon dont c'était filmé. On a l'impression d'y être, d'être parmi les jeunes, de suivre le prof, on va même peut-être pouvoir donner son avis.
Les jeunes jouent bien, le prof aussi, certaines situations sont très réalistes et d'autres bien moins... Certains personnages sont carrément à côté de la plaque et l'ambiance ne fait pas du tout vrai.
Que dire de cette salle des profs qui est statique? Un prof pète les plombs, les autres regardent, ils sont placides, on se demande à quelle moment de la journée ça se passe: récré? Ben si c'est le cas, où est le bruit des gamins?
La récré justement, parlons-en: c'est un collège avec deux ou trois classes? Une impression de vide règne. Et ce principal qui semble être rigide, ne pas prendre de décision et qui ne tient aucun discours éducatif quand un événement se produit. Je ne parle pas de ce qui semblait être un Conseil d'Administration où le gestionnaire doit se défendre de la hausse du prix du café, ni de la CPE, ni du prof qui s'oppose au héros, ni de ce héros justement qui semble souffrir intérieurement et qui est seul.... Or, dans un établissement, on  n'est pas seul.

Je sens  très bien ce qu' aurai pu être ce film. Certains dialogues sont ciselés, très vrais mais il manque, à mon sens, un fil conducteur, une ambiance, plus de présence, plus de révoltes, plus de colère, plus de dialogues, d'échanges, de points de vue!

Dommage, c'était prometteur. Le fond était là, il manque "juste" les "interconnections" qui auraient fait de ce film un petit bijou de réalisme!

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